Pour exister médiatiquement, les parlementaires pensent qu’il faut appartenir à un « collectif ». Il faut croire que les partis, c’est trop grand. Ou ringard. Même s’ils ne sont que trois et demi, députés et sénateurs peuvent ainsi faire les importants et prétendre incarner une sensibilité. Leurs amis militants non élus y trouvent un intérêt encore plus grand : se réclamer du collectif leur confère instantanément la légitimité qui leur manque.

Voici donc, après la Gauche populaire et la Gauche durable, la Gauche forte.

La Gauche forte, c’est d’abord un député, le socialiste berrichon Yann Galut qui, en pleine affaire Depardieu, a prôné la déchéance de nationalité pour les exilés fiscaux.
Contre « la ligne Buisson »

Il a parlé de son idée de « club opérationnel » à son pote Benjamin Ménard, ex-adjoint au maire de Trappes, qui l’a mis en contact avec son amie Patricia Schillinger, sénatrice du Haut-Rhin.

Ajoutez-y quelques copains et une demi-people – Sihem Souid, l’inénarrable auteur d’« Omerta dans la police », qui avait rejoint l’équipe de campagne d’Arnaud Montebourg – et vous avez UN COLLECTIF.

Comme tous les collectifs, celui-ci veut lutter contre « la dérive idéologique de la droite », « la ligne Buisson ». Et comme tous les collectifs, il se croit différent des autres. Yann Galut :

« La Gauche durable est plus sur la transition énergétique. La Gauche populaire veut surtout s’occuper des 10 à 12 millions de “petits Blancs”, comme on dit. Mais ce sont des réponses qui divisent. Nous, nous n’opposons pas le social et le sociétal. Nous voulons nous adresser à tous les Français. »

« Répondre fort à la droite »

Il ajoute :

« Je ne souhaite pas être celui qui explique à François Hollande ce qu’il doit faire. La Gauche forte ne va pas se mettre à faire des lettres ouvertes ou des pétitions au Président ou au Premier ministre. »

Même si la Gauche forte a l’intention de proposer « des idées nouvelles » sur la « justice fiscale » et l’Europe notamment, son truc, c’est surtout le free fight avec l’UMP : « Nous voulons répondre fort à la droite. Rendre coup pour coup », annonce Benjamin Ménard.

Parce que le PS et les groupes parlementaires socialistes ne le font pas assez ? « C’est pas ça », dit Yann Galut.

« Mais quand la droite nous tape, on peut répondre plus cash. »

Ainsi naissent les starlettes des Quatre colonnes.