Lire l’article complet sur le site internet Metro

PORTRAIT - Yann Galut, député socialiste du Cher, fait de plus en plus parler de lui. Dimanche, il a été mis sous le feu des projecteurs en embrassant sur la bouche le député Nicolas Bays, durant la manifestation en faveur du "Mariage pour tous". Qui est ce socialiste qui n’a pas froid aux yeux ?

Il s’est illustré à la manifestation en faveur du "Mariage pour tous", dimanche, en embrassant sur la bouche un autre député PS, Nicolas Bays. Yann Galut, député socialiste du Cher, explique à Metro son "baiser solidaire" : "Ce n’était pas prévu du tout. Nous ne mesurions pas la force des réseaux sociaux et le fait que cela puisse enflammer le web de manière aussi importante. Nous assumons totalement le fait d’être devenus le symbole du combat qui va commencer". Il ajoute "mais après le symbole, le travail". Lui et Nicolas Bays sont intervenants dans le débat sur le projet de loi du "Mariage pour tous". Un sujet que Yann Galut connaît bien puisqu’il a participé au Pacs, en étant "en première ligne des députés socialistes sur ce débat", en octobre 1998.

Yann Galut n’en est pas à sa première sortie médiatique. En 1997, alors que le Premier ministre de l’époque, Lionel Jospin, confirme la fermeture de l’usine Renault Vilvorde en Belgique, le tout nouveau député monte au créneau et qualifie cette fermeture d’"erreur". Il ajoute "Nous n’avons pas été élus pour fermer Vilvorde !". Il sera rappelé à l’ordre par un Lionel Jospin irrité.

Socialiste depuis l’adolescence

Né en 1966, Yann Galut s’engage à quinze ans au MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes). Trois ans plus tard, il adhère à l’UNEF (Union Nationale des Etudiants de France) et s’embarque dans des études de droit. Devenu avocat, il ouvre son cabinet à l’âge de trente ans. Militant, il défend l’association SOS Racisme et fait partie du collectif des avocats des sans-papiers de Saint-Bernard (après avoir occupé l’église de Saint-Bernard dans le XVIIIe arrondissement de Paris, 300 Africains en sont expulsés le 23 août 1996) . Engagé sur plusieurs fronts en même temps, le député est l’un des premiers à porter le débat sur la taxation des transactions financières (taxe Tobin) à l’Assemblée nationale, en 2001. En novembre dernier, il propose de taxer les gains issus des jeux de hasard à hauteur de 15 %. Un moyen qui, selon lui, pourrait rapporter "environ un milliard d’euros" à l’Etat.

Cette proposition "actuellement en standby", il se concentre, en parallèle du "Mariage pour tous", sur l’exil fiscal. En décembre, à l’heure où éclate l’affaire Depardieu, il propose une mesure volontairement forte : que les exilés fiscaux soient déchus de leur nationalité. Actuellement à la tête d’une commission nommée "exil fiscal" à l’Assemblée nationale, il se rend à Bruxelles pour "envisager des solutions avec d’autres députés belges et européens".

Il y a plus d’une semaine, il crée "la Gauche forte", en compagnie de Patricia Schillinger, un "nouveau club opérationnel au sein du PS" qui veut "répondre à la droite", le député étant "très inquiet sur l’évolution de la société française qui a une ligne de plus en plus droitière et populiste". Soucieux des "combats sociétaux pour faire avancer le droit", il se consacrera dès mardi, pendant quinze jours et ce "jour et nuit", au débat sur le Mariage pour tous. Car, Yann Galut l’affirme, "il faut que cette avancée sociale et sociétale soit défendue par la représentation nationale".