COMMUNIQUE DE PRESSE
2 JUILLET 2014

En proférant des attaques insensées envers les magistrats et le gouvernement, Nicolas Sarkozy s’enferme dans une Berlusconisation suicidaire et dangereuse pour notre République.

L’intervention sur Europe 1 et TF1 de Nicolas Sarkozy est un affront fait aux institutions, à la Justice et aux Français. Donnant à voir un homme qui, tout en ne se disant pas au-dessus des lois, se voit offrir une tribune nationale de 20 minutes pour se dire "profondément choqué", cet entretien a donné à entendre des propos inadmissibles.
M. Sarkozy, tout en se réclamant être un citoyen normal, exige de choisir lui-même ceux et celles qui ont à le juger. Ses attaques à l’encontre de la Justice et notamment de la magistrate Claire Thépaut, dénonçant une "petite minorité militante", nous replongent au cœur de la théorie des juges rouges et des autres affabulations berlusconiennes.
Il est consternant d’entendre qu’aujourd’hui, en France, l’appartenance à un syndicat empêcherait d’exercer son travail avec probité et intégrité. Si Nicolas Sarkozy estime que la magistrate n’est pas impartiale, il lui est loisible d’entamer une procédure devant les tribunaux, mais il ne peut prendre les Français en otage grâce à l’emploi du pathos et des mensonges répétés sur la procédure judiciaire.
Cette attitude mi-fanfaronne, mi-victimaire, et sa méconnaissance de la procédure pénale est très regrettable, qu’elle soit feinte ou non, tant elle altère la perception qu’auront les Français de la mise en examen de Nicolas Sarkozy, et de sa garde à vue. L’affaire ne peut être simplifiée, ni instrumentalisée, et le débat ne doit être déplacé des palais de justice à la place publique.
La mise en cause directe de la Garde des sceaux, du Président de la République mais aussi, d’une manière générale des institutions dans leur ensemble, motivées selon ses mots par "une instrumentalisation politique de la justice", sont d’une gravité extrême. Les hautes responsabilités que M. Sarkozy a lui-même exercé, étant par le passé garant des institutions et de l’indépendance de la justice, auraient dû l’obliger à une nécessaire retenue, plutôt qu’à dénoncer une cabale fictive.
Il n’est pas difficile de comprendre la stratégie de Nicolas Sarkozy aujourd’hui, qui déplace le sujet sur la forme qu’il modèle à sa guise pour éviter d’avoir à se défendre sur le fond.
D’accusé bénéficiant de la présomption d’innocence, il tente de se faire passer pour une victime persécutée de toutes parts. Ce comportement et ces propos sont indignes d’un ancien chef d’Etat, et à fortiori de tout responsable politique, passé ou futur. Si Nicolas Sarkozy veut la justice, qu’il la laisse travailler sereinement, au lieu de donner à voir le spectacle de sa propre chute dans laquelle il cherche à entrainer les institutions qui lui demandent des comptes.

La Gauche forte dénonce fermement les propos tenus par Nicolas Sarkozy qui, dans sa berlusconisation, continue son œuvre de décrédibilisation des principes les plus sacrés de notre République.

YANN GALUT
DÉPUTÉ DU CHER

ALEXIS BACHELAY
DÉPUTÉ DES HAUTS DE SEINE