COMMUNIQUE DE PRESSE - 8 JUILLET 2013
« Hegel fait remarquer quelque part que, dans l’histoire universelle, les grands faits et les grands personnages se produisent, pour ainsi dire, deux fois. Il a oublié d’ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde comme farce. » (Le 18 brumaire de Louis Bonaparte (1853), Karl Marx).
Lorsque la décision du Conseil constitutionnel confirmant l’invalidation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy est tombée jeudi 4 juillet, la Gauche forte a appelé la droite à faire preuve de retenue.
Las. Tout le week-end, les « snipers » de l’UMP et la garde rapprochée de l’ancien Président n’ont eu cesse de lancer des attaques contre l’institution, pourtant garante de la Constitution, arguant son manque de partialité. Pourtant, le Conseil constitutionnel peut difficilement être suspecté de complaisance envers la majorité actuelle : sept membres sur neuf ont été nommés par la droite !
Nicolas Sarkozy a bénéficié d’une procédure régulière et a pu faire valoir ses arguments par l’intermédiaire de ses avocats. S’ils n’ont pas pu convaincre les juges, il en est le seul responsable. Alors qu’une seule irrégularité aurait suffi à entraîner ce rejet, le Conseil constitutionnel a eu le souci, anticipant les critiques, de lister les multiples fautes commises dans la gestion de la campagne. Les neuf sages confirment par exemple que l’inscription de seulement 50,4 % des dépenses engagées pour le grand meeting de Villepinte aux comptes de campagne du candidat Sarkozy est une manipulation grossière destinée à ne pas dépasser le plafond légal...
Habitué des « coups de com’ », l’ancien Président n’a pas hésité à annoncer une démission pourtant impossible. Il restera membre du Conseil constitutionnel et lui doit donc un respect imprescriptible.
Nicolas Sarkozy espère sans doute, dans sa posture habituelle mais regrettable de victime des juges, attirer sur lui la compassion des Français et mettre en scène son retour politique.
Son triste bilan n’empêche pas certaines factions de l’UMP de le désirer candidat en 2017. La Fête de la violette de la Droite forte ce week-end a été l’occasion pour les bonapartistes revendiqués d’imaginer une réadaptation des Cent jours pour leur général déchu et si injustement maltraité.
La Gauche forte anticipe, à l’occasion de la mise en scène du « retour du Chef », un usage encore plus massif de la « ligne Buisson » qui a été celle de Nicolas Sarkozy pendant la campagne et qui constitue désormais le terreau idéologique de la Droite forte. L’UMP doit pourtant s’émanciper du poids de ces discours troubles — certains n’ayant rien à envier à ceux de Marine Le Pen — qui ont jalonné une campagne présidentielle, dont le financement opaque est désormais révélé au grand jour.
La Gauche forte appelle les Français à rejeter tout discours visant à jeter le discrédit sur les organes garants du droit dans notre pays. Au contraire, nous invitons les Français à se tenir à nos côtés pour imposer des comportements irréprochables aux élus et pour que les processus électoraux et leurs financements soient en adéquation avec les règles de notre démocratie.