Le journal Le Monde a révélé ce matin une lettre confidentielle adressée par le ministre de l’intérieur au Président de la République et qui suscite la polémique.

La Gauche forte entend réitérer son soutien à l’ensemble du Gouvernement pour mener une réforme d’ampleur de la politique pénale. L’action publique en faveur de la sécurité et de la justice a été rendue illisible par dix années de lois "émotionnelles".
Cette réforme doit se faire dans la cohérence et la préservation de l’intérêt général. Les discussions en interne sont inhérentes à la vie gouvernementale, tant que les divergences s’effacent lorsque le Premier ministre a arbitré ou lorsque le cap a été fixé par le Président.

La droite se saisit de ce sujet pour en faire une vaine polémique. Tous les prétextes sont bons pour générer des attaques factieuses, destinées à masquer les divisions profondes qui existent au sein de l’opposition.

Elle devrait plutôt s’interroger sur l’inefficacité de sa propre politique, alors qu’elle n’a pas su résoudre un problème majeur. L’impuissance de l’ancienne majorité face à la délinquance et la récidive, obnubilée par la répression, révèle que la complexité du problème appelle un débat sur les réponses à y apporter. La discussion est indispensable à la définition de la réponse gouvernementale la plus adaptée.

Le ministre de l’Intérieur et la Garde des sceaux exercent des fonctions tout à fait complémentaires, qui permettent au Gouvernement de guider la France vers la restauration de la République exemplaire. Il n’y a qu’une ligne, celle du Gouvernement en faveur de la justice.

La droite devrait déjà faire son propre inventaire et régler ses propres conflits, tiraillée qu’elle est entre les tenants d’une ligne Buisson qui altère sa vision et ce qui lui reste de bon sens.