L’indignation frappe en ce moment un grand nombre de concitoyens, suite à l’expulsion d’une Kosovare, âgée de 15 ans, et prénommée Leonarda : scolarisée depuis environ cinq ans en France, la jeune fille a été arrêtée lors d’une sortie scolaire, et expulsée avec sa famille vers le Kosovo...

Des zones d’ombre persistent concernant les circonstances et les causes qui ont mené les forces de police à prendre de telles mesures. Une enquête, dont les résultats seront connus "sous 48h" selon le Premier Ministre, est actuellement en cours afin de déterminer les responsabilités de chacun, notamment celles du préfet du Doubs.

Comme le Premier Ministre l’a rappelé lors des questions au Gouvernement de cet après-midi : « s’il y a eu faute, l’arrêté sera annulé ».

Il nous faut dénoncer la manière dont cette expulsion s’est déroulée, si et seulement si les faits tant décriés sont avérés. L’Ecole notamment, lieu d’intégration et de socialisation par excellence, n’a pas vocation à devenir spectatrice et complice du bannissement hors de notre sol de ceux qu’elle est censée instruire.

Cependant, l’émotion ne doit pas faire oublier la volonté de ce gouvernement d’aborder de manière sereine et efficace Gouvernement la question des politiques migratoires.

Nul ne doit oublier que ce Gouvernement est à gauche, et encore moins ceux qui en sont membres. La gauche ne doit pas se laisser contaminer par les discours xénophobes d’une droite "buissonnière" et d’une extrême-droite, qui ne s’assume pas !

En toutes circonstances, il ne faut pas non plus se laisser dominer par l’émotion de l’instant sur des débats aussi sensibles que ceux de l’immigration et de l’intégration.

Contrairement à la droite et au Front national, les socialistes assument leurs valeurs et portent fièrement leurs couleurs, notamment celles de l’égalité, de la fraternité, de la tolérance et de la solidarité.

Si le Gouvernement ne peut passer outre les lois, il veille toutefois à ce que les décisions les plus difficiles à prendre s’effectuent dans le respect de la dignité des personnes et du pacte républicain.

La gauche forte s’interroge néanmoins sur la délicate situation de familles entières, ni "expulsables, ni "régularisables", qui résident sur notre territoire depuis de nombreuses années, et souhaite que l’application de la circulaire du 28 novembre 2012 n’empêche les pouvoirs publics de mener une politique lucide et mesurée vis-à-vis de ces familles.

La gestion actuelle des flux migratoires ne saurait en tout état de cause se confondre avec celle qui fut mise en place sous le quinquennat précédent. Gardons notre sang-froid en attendant de faire toute la lumière sur cette affaire. C’est la seule voie pour prendre, le cas échéant, les sanctions qui s’imposent.