On avait cru tout entendre de la part de l’UMP ces derniers mois. Mais le comble de l’ironie a été atteint, ce jeudi 17 octobre, dans la bouche de Jean-François Copé. Ce dernier, en ouverture de la convention de l’UMP sur le quinquennat de Nicolas Sarkozy, a accusé François Hollande de "favoriser la montée" du FN, allant même jusqu’à parler de "FNPS" !

La Gauche forte tient à rappeler à Jean-François Copé que l’UMP est le parti dont les électeurs se déportent le plus massivement vers le FN... Ceci n’est possible qu’en raison de l’irresponsabilité de ses élu-e-s, qui banalisent depuis des mois les thématiques du Front national.

La Gauche forte dénonce depuis sa création l’adoption de la rhétorique identitaire et de la ligne Buisson par l’UMP. Nicolas Sarkozy porte en grande partie la responsabilité de cette "droitisation" du discours politique. Sa campagne de 2012, à l’image du discours de Grenoble, en est l’exemple le plus flagrant. Le président de l’UMP aurait mieux fait de s’en souvenir alors qu’il s’agissait de dresser l’inventaire d’un quinquennat catastrophique !

En déplaçant la barre à l’extrême-droite, l’UMP se rapproche du FN, mais rend désormais responsable le Parti socialiste des conséquences de ses propres errements. La chose serait risible si l’accusation n’était portée avec sérieux.

Non, le Parti socialiste, et le Gouvernement qu’il soutient, ne sont pas les alliés objectifs du Front national ! Cessons d’entretenir la confusion dans les esprits, en favorisant le brouillage des frontières politiques et idéologiques. Les propos que tient Jean-François Copé contribuent encore une fois à la banalisation de l’extrême-droite.

Il est de plus en plus urgent que l’UMP se reprenne et se rende compte que la droitisation n’est pas la solution pour reconquérir la frange républicaine de son électorat ; que le "ni-ni" entretient l’idée d’une équivalence sur ce qui est fondamentalement différent. Les valeurs du PS ne sont pas celles du FN, et sont de moins en moins proches de celles de l’UMP, si elles ne l’avaient jamais été.