La Gauche forte s’indigne du refus de lever l’immunité parlementaire de Serge Dassault, manifesté le mercredi 8 janvier par le bureau du Sénat. Ce bureau a refusé, par 13 voix contre 12 et une abstention, que le sénateur puisse aller répondre des accusations dont il fait l’objet.

Ce refus opposé à la justice, qui ne pourra donc pas faire son travail alors qu’elle est la seule à même de dire s’il y a eu faute ou non de la part de Serge Dassault, est incompréhensible. Comment peut-on prétendre représenter la République et ses principes d’égalité devant la loi d’un côté et refuser d’autre part que tous doivent répondre de leurs actes devant cette loi ?

Rappelons tout de même qu’il ne s’agissait pas pour les Sénateurs de condamner Serge Dassault, mais simplement de faire en sorte qu’il puisse se défendre devant un juge, alors que les faits de corruption dont il est accusé sont graves.

Le gouvernement a entamé une opération de moralisation de la vie publique, désirant lutter avec sévérité contre la corruption qui entache la démocratie et promouvoir la transparence pour s’assurer de la bonne moralité des élus. Cette décision de certains sénateurs va donc non seulement à l’encontre du sens des réformes engagées pour une vie publique assainie, mais constitue également une insulte à la justice de notre République et donc plus largement à l’ensemble de nos concitoyens.

Cette décision scandaleuse renforce la suspicion dont font l’objet les élus et responsables politiques, alors que bon nombre d’entre eux sont, à l’instar de la Gauche forte, tout aussi légitimement choqués par une attitude à la fois conservatrice et anti-démocratique.

Par cette décision, le bureau du Sénat n’honore ni l’institution qui l’héberge, ni notre système démocratique.