La convention sur l’immigration qui s’est tenue ce jeudi 12 décembre au siège de l’UMP, visant notamment à se démarquer à la fois de la gauche et du FN sur la question des flux migratoires, a débouché sur un texte dangereux et attentatoire aux libertés fondamentales.
La principale cible des ténors de l’opposition — à la proposition n° 37 — est la Convention européenne des droits de l’homme, en ce qu’elle protège en particulier le droit de mener une vie privée et familiale normale (article 8), ce qui empêche les Etats de limiter drastiquement le droit au regroupement familial, ainsi que d’éloigner des étrangers ayant développé suffisamment de liens avec leur pays d’accueil. L’UMP souhaite pour cela « dénoncer la convention » !
L’UMP poursuit également son combat contre un autre droit fondamental, l’accès aux soins, en proposant notamment de supprimer l’aide médicale d’Etat (AME), qui permet aux étrangers, même en situation irrégulière, de se faire soigner.
Mais la mesure la plus irresponsable vise à refuser systématiquement les régularisations de « sans-papiers », alors que tous les gouvernements précédents, de droite comme de gauche se sont accordés pour fixer des critères, plus ou moins stricts selon la couleur politique, au cas par cas…
Ainsi, derrière une opposition de façade aux thèses frontistes, l’UMP continue de copier minutieusement le parti de Marine Le Pen, en démontrant une parfaite méconnaissance des mécaniques migratoires et une gestion irraisonnée de leurs flux.
Alors que le Gouvernement actuel a souhaité aborder ces questions sans tabous, en proposant notamment une refonte de la politique d’intégration républicaine, l’UMP veut faire croire aux Français que la gestion des flux migratoires est délaissée et doit être reprise « sous contrôle ».
Sous ce vernis rhétorique, transparaît une réalité plus sombre dont les étrangers régulièrement installés sur notre territoire risquent de faire les frais. Plutôt que d’effrayer nos concitoyens, l’UMP aurait mieux à faire en proposant des sujets autres que ceux de l’immigration et de l’insécurité, à l’approche des échéances électorales, en vue de constituer une opposition crédible et responsable, réellement distincte de celle de l’extrême-droite.